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Notre alimentation, notre combat… Autogestion. Réflexions paysannes.
On dirait que tout le monde parle de souveraineté alimentaire ces temps-ci. Mais cela reste encore très vague. Pendant ce temps, les crises se multiplient et les agriculteurs continuent de voir leur mode de vie et leurs droits bafoués.
On parle aussi souvent de lutte sociale, mais en Occident, rares sont ceux qui imaginent comment une société autonome pourrait se développer. Pourtant, des exemples existent : loin des épicentres du pouvoir occidental, des sociétés nourrissent leurs habitants et façonnent l’ordre social tout entier. Sous l’hégémonie du système capitaliste, toutes ces communautés sont contraintes de lutter pour survivre.
Que se passerait-il si nous concrétisions nos rêves et lions notre désir d’autonomie à la réalité de quelques exploitations agricoles situées dans la zone de production alimentaire de notre petite ville? Et si nous commencions à nous prendre au sérieux, et si nous mettions en place un système de sécurité alimentaire sociale ici et maintenant?
Pour les agriculteurs présents, c’est une nécessité absolue. La pression économique sur leurs exploitations reste très forte, mais en même temps, ils connaissent parfaitement leurs capacités. Ce qui leur manque encore, c’est une communauté qui les soutienne. Non pas par des mots, mais par des gestes concrets, comme partager un repas et un système alimentaire bien conçu.
Et oui, cela implique une réflexion économique, des calculs et des investissements. Mais aussi le partage, le plaisir de vivre dans des fermes autonomes et une vision ambitieuse de la solidarité.
Et après les discussions… le dîner!
Rêvez-vous avec elle tout en dégustant son repas?
Organisation : Boer Tijs
Invité.e.s : Boerenforum, de Groentelaar et 3 autres fermes de la ceinture agroalimentaire bruxelloise
Il était une fois : une ville
Les villes d’Europe occidentale se caractérisent par des mouvements sociaux très actifs et fascinants. Bruxelles ne fait pas exception; bien au contraire! Bruxelles en est un parfait exemple. On y observe d’intenses débats autour de la culture, de l’inclusion, de l’émancipation et des luttes sociales. Toutes sortes d’événements sont organisés, des débats aux manifestations, en passant par les actions et les rassemblements. Et pourtant, il manque quelque chose. Un vide s’installe dans lequel tout cela se déroule. La lutte historique des mouvements ouvriers pour la maîtrise des moyens de production n’est plus palpable. Il est même devenu très difficile de l’imaginer. L’ensemble des chaînes de production de nos biens de consommation, de nos meubles, de nos voitures et de nos vêtements a été démantelé. Nos usines locales – lorsqu’elles existent encore – ne sont plus que des centres d’assemblage, et non plus de véritables ateliers où tout est encore fabriqué. Reprendre le contrôle d’une unité de production serait une opération gigantesque, impossible à mener à bien avec un syndicat militant et ancré localement.
Néanmoins, il existe encore des domaines où l’autogestion peut être l’objet de la lutte. Le secteur des soins, léducation et l’alimentation en sont trois exemples. Ce n’est pas un hasard si ces trois secteurs sont rendus invisibles dans une société patriarcale…
La lutte acharnée pour les soins et tout le travail lié à la préparation des aliments demeure souvent un champ de bataille invisible. Les chefs cuisiniers sont souvent des hommes, mais nos repas quotidiens sont préparés par des femmes, par une main-d’œuvre bon marché dans des ateliers, ou par du personnel de cuisine sous-payé… Et elles travaillent loin des caméras, des paillettes et du glamour.
Il était une fois : la campagne
Un pas plus loin dans la chaîne, au niveau de la production alimentaire… Là aussi, la situation est très précaire. Souvent, les agriculteurs qui nous nourissent sont soutenus au mieux par leur famille ou des ouvriers sous-payés… Une fois les légumes, le lait, la viande ou les céréales produits, ils deviennent les jouets du marché et des acteurs de la filière. Et tous les risques, tous les investissements, mais aussi toute la responsabilité des mauvaises récoltes, de l’incapacité à faire face à des conditions de travail difficiles et de l’utilisation de pesticides incombent que sur les paysan.ne.s. Quand les choses vont mal – dans cette ferme –, ils sont tout simplement de mauvais gestionnaires ou, dans le pire des cas, paresseux… ou désorganisés… ou pollueurs.
L’injustice structurelle à l’origine de tous ces échecs est passée sous silence. On oublie souvent que la production d’aliments de qualité est lente et que les méthodes agro-écologiques ne peuvent rivaliser avec l’agriculture intensive et organisée dans une économie de marché capitaliste. Le fait que l’exploitation familiale traditionnelle soit menacée par les consortiums, les multinationales et la spéculation foncière et agricole reste souvent occulté… jusqu’à ce qu’il soit trop tard.
Si une exploitation agroécologique parvient à survivre, c’est souvent grâce à une combinaison de facteurs : heures supplémentaires, gestionnaires très compétents qui repoussent leurs limites et consommateurs capables de payer le prix plus élevée pour les produits artisanales et bio. Mais cela ne résout pas l’injustice structurelle. Les heures supplémentaires et le dépassement de soi des agriculteurs ne peuvent être compensés par le comportement exemplaire d’un groupe de consommateurs si ces derniers restent de simples consommateurs. Il s’agit d’une injustice sociale, et les dépenses individuelles ne peuvent ni ne doivent la corriger. De plus, il existe des familles où des mères ou des pères aux ressources limitées s’inquiètent de la nourriture qu’ils donnent à leurs enfants… Dans ces familles, des enfants affamés restent privés de l’alimentation à laquelle ils ont droit… Une alimentation saine.
Sécurité alimentaire sociale : théorie ou pratique?
Des cadres théoriques ont été élaborés pour relever ces défis. Par exemple, vous avez peut-être déjà entendu parler de la Sécurité alimentaire sociale (SAS)… Ce concept vise à développer un marché équitable à l’échelle de la société. Équitable pour l’agriculteur, mais aussi équitable puisque chacun contribuerait selon ses moyens à un fonds d’épargne, à partir duquel chacun recevrait ensuite la même somme pour acheter des aliments sains.
Cependant, nous n’avons ni l’envie ni le temps d’attendre la SAS… Et nous craignons également qu’une sécurité alimentaire organisée par l’État ne nuise au caractère militant d’un mouvement social. Nous savons qu’un tel système ne garantirait pas l’accès à une alimentation saine aux personnes sans papiers. Nous savons qu’aucune nourriture supplémentaire ne serait distribuée aux piquets de grève ni aux centres sociaux qui s’opposent au marché du logement, à l’économie de marché libérale ou à une économie de guerre qui anéantit les acquis sociaux.
Nous sommes les agriculteurs…
Et nous n’avons plus de temps. Nous sommes épuisés. Nous sommes les agriculteurs qui avons franchi les barricades, qui avons nourri les affamés, qui rabâchons sans cesse le droit à l’alimentation et le droit de ne pas utiliser de pesticides… Nous sommes les agriculteurs qui luttons pour le droit d’aimer nos oiseaux des champs et de prendre soin de nos troupeaux de vaches de manière à rendre nos sols fertiles et à favoriser la biodiversité.
Nous – les agriculteurs de ce collectif, un groupe de trois voir quatre fermes près de Bruxelles – avons faim… faim de justice sociale. Notre nourriture est précieuse, si précieuse que même les plus démunis doivent en profiter. Si précieuse qu’elle doit enrichir les plus pauvres et contribuer à la mobilité sociale par la lutte pour une société plus juste.
1, 12, 100, 1000… 1,2 million.
Le calcul est complexe, mais d’une simplicité enfantine. Si nous versons 100 euros par mois pendant un an à un groupe de 1 000 personnes, nous aurons 1 200 000 euros par an. Avec cette somme, nous couvrirons le chiffre d’affaires annuel de chacune de nos fermes pour l’année, et vous aurez une quantité impressionnante de nourriture. Vraiment une quantité impressionnante.
Il y aura peut-être un peu trop peu d’œufs et de viande de poulet, car nous transformerons le blé et le maïs en farine, mais il y aura aussi des produits laitiers et de la viande. Des légumes et des pommes de terre. Des fruits et des herbes aromatiques.
Nous produirons probablement plus de que ces 1 000 personnes ne pourront en consommer. Et comme une part importante des citadins progressistes sont (partiellement) végétariens ou végétaliens, il restera probablement de la viande et des produits laitiers à redistribuer. Soudain, un choix alimentaire individuel devient un acte collectif.
Une fois ce système en place, de nombreuses possibilités s’offrent à nous. De nouveaux participants peuvent nous rejoindre, et le système peut ainsi se développer. Davantage d’agriculteurs peuvent s’impliquer, et de nouvelles parcelles de terre peuvent être acquises. Chacun peut contribuer davantage que 100 euros et ainsi offrir un approvisionnement alimentaire complet à d’autres. Les organisations peuvent financer la participation de leurs membres. On peut envisager de nouvelles cultures ou la mise en place d’unités de production supplémentaires pour les produits très demandés, tout en expliquant les limites de cette croissance.
Une prise de décision ascendante – un système politique différent
Chaque année, nous organisons une assemblée pour analyser le fonctionnement de l’année écoulée. Avant cette assemblée, une évaluation est réalisée dans chaque point de distribution afin de recueillir les impressions des participants. Combien de personnes n’ont pas pu payer? Combien ont payé plus que prévu? Quels produits auraient dû être inclus? Quels étaient les surplus? La distribution s’est-elle déroulée correctement et était-elle bien structurée, ou y a-t-il parfois eu trop d’attente? Était-elle chaotique, ou chacun a-t-il reçu ce à quoi il avait droit?
Dans cette approche ascendante, le processus aboutit à une assemblée. Lors de cette assemblée, les équipes des différentes fermes découvrent ce qu’elles peuvent ou doivent faire différemment pour la prochaine saison de culture. De plus, les paysan.ne.s expliquent alors pourquoi, parfois, il n’y a pas d’autre solution… La planète a ses limites, donc nos surfaces cultivées aussi, et nos capacités, notre temps également… Mais il est sans doute important pour vous de ressentir et d’entendre ces limites. Ensemble, nous trouverons peut-être une solution à certaines des limitations que les paysan.ne.s rencontrent elle.eux-mêmes.
Pourquoi?
Pourquoi voulons-nous cela? Pourquoi, en tant que paysan.ne.sn, faisons-nous ce pas? Et pourquoi le feriez-vous vous-mêmes?
Autonomie, sécurité alimentaire, maîtrise des moyens de production, mais surtout… Parce que nous croyons encore qu’un autre monde est possible. Qu’il faut préparer un autre monde avant la montée des eaux. Avant que l’Europe ne s’effondre sous le poids des guerres à ses frontières. Avant qu’une nouvelle catastrophe humanitaire ne soit provoquée par les armées occidentales ou autres.
Parce que nous croyons que cet autre monde a déjà commencé hier…
Ou il y a 15 ans, quand j’ai décidé de devenir agriculteur
Il y a 30 ans, quand l’une d’entre nous a décidé de reprendre la ferme de sa tante, adolescente et habitant sur place,
Il y a une génération, quand nos parents ont décidé de ne pas grandir comme les autres…
Ou il y a 7 ans, quand l’un de nos agriculteurs permanents actuels a frappé à notre porte, en étant réfugié palestinien, pour un travail saisonnier,
Il y a 9 ans, quand j’ai été inspiré par les aspirations politiques du Rojava,
Il y a 5 ans, quand les Zapatistes ont visité plusieurs de nos fermes.
C’est notre tour.
Maintenant, c’est à nous, les agriculteurs et à vous, là-bas dans cette ville rebelle, d’agir. En ce moment crucial de l’histoire, c’est le devoir des habitant.e.s de ce vieux continent européen, de comprendre que nous ne pourrons nous défaire de notre passé néocolonial qu’en apprenant discrètement des communautés autonomes d’ailleurs. Que nous ne pourrons avancer qu’en reconstruisant ce que nous avons perdu au cours des dernières décennies : des communautés soudées où la nourriture. Peut-être cela est le bien suprême. Une culture où l’agriculture redevient la norme, une palette de couleurs, un pilier de la communauté que nous voulons défendre… De tout notre cœur et de toute notre âme. Avec notre sang, notre sueur et nos larmes. Pour la terre, por el suelo.
Maintenant, c’est à nous d’agir. Face à la guerre et aux contrôles frontaliers impitoyables, nous devons réaliser de l’intérieur ce dont nous rêvons depuis si longtemps : construire une société égalitaire qui n’exploite pas les autres continents, mais qui renforce notre monde. Avec un échantillon représentatif des habitants de votre ville, Bruxelles, nous devons nous libérer. Vous devez oser mettre de côté votre contexte urbain et vos divisions de classe et accepter notre main tendue – celle des agriculteurs et des paysan.ne.s.
Dépassons-nous.
1 an
12 mois
100 euros
1 000 personnes
Des récoltes abondantes et les prémices de l’autonomie.
Venez assister à l’une des assemblées. Dès 2026, nous ouvrirons les inscriptions pour une première année d’autonomie locale… Si tout se déroule comme prévu, nous commencerons à produire nos propres aliments pour nos quartiers en 2027.
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Ons voedsel, onze strijd… Zelfbestuur. Boer.inn.enreflecties
Het lijkt wel of tegenwoordig iedereen praat over voedselsoevereiniteit. Maar het is nog steeds iets heel vaags. Ondertussen neemt het aantal crisissen toe en blijven boer.inn.en heel weinig respect ervaren voor hun manier van leven en hun rechten.
Er wordt eveneens vaak gepraat over de sociale strijd, maar in het Westen kunnen heel weinig mensen kunnen zich voorstellen hoe een autonome samenleving zich in het Westen zou kunnen ontplooien. Toch bestaan er voorbeelden : ver van de epicentra van de Westerse macht zijn er samenlevingen die hun inwoners voeden en heel het maatschappelijk bestel vormgeven. Vanwege de hegemonie van het kapitalistische systeem worden al deze gemeenschappen gedwongen te vechten om te overleven.
Wat zou er ontstaan als we onze dromen voor werkelijkheid nemen en onze wens voor autonomie verbinden aan de realiteit van een paar boerderijen die actief zijn in de voedselgordel van onze kleine stad? Wat als we onszelf serieus gaan nemen, wat als we hier en nu een sociaal voedselzekerheidssysteem opzetten?
Voor de boeren van de boerderijen die aanwezig zijn is het broodnodig. De economische druk op hun bedrijven blijft erg hoog, maar tegelijk weten ze heel goed waartoe ze in staat zijn. Wat nu nog ontbreekt is een gemeenschap die hen ondersteunt. Niet met woorden, maar met de vork, het bord en een goed ontworpen voedselsysteem.
En ja, daar komt economisch denken, rekenen en geld bij kijken. Maar ook delen, genieten van autonome boerderijen en een ambitieuze visie op solidariteit.
En na de gesprekken… het diner!!
Droom je met haar en eet je mee?
Organisatie : Boer Tijs
Genodigden : Boerenforum, de Groentelaar en 3 andere boerderijen van de Bxl-se voedselgordel
Er was eens : een stad
De steden van West-Europa kenmerken zich door zeer actieve en boeiende sociale bewegingen. Brussel is daar geen uitzondering op, wel integendeel! Brussel is er een schoolvoorbeeld van. Er wordt flink gedebatteerd rond cultuur, inclusie, emancipatie en sociale strijd. Er wordt vanalles georganiseerd, van debatavonden, benefieten tot acties en betogingen. En toch ontbreekt er iets. Er is een soort van luchtledigheid waarin dit alles gebeurd. De historische strijd van arbeid.st.ersbewegingen om controle te hebben over de productiemiddelen is niet meer voelbaar. Het is ook heel moeilijk geworden om ons deze strijd te verbeelden. Heel de productieketens van ons huishoudmateriaal, onze meubels, onze wagens en onze kleren is uiteengerafeld. Onze lokale fabrieken – als die er dan nog zijn – zijn louter assamblagecentra, geen echte fabriekshallen waarin alles nog wordt gemaakt. Het overnemen van een productie-eenheid zou een gigantische operatie worden, onmogelijk om nog uit te voeren met een militante, lokaal verankerde vakbond.
Toch zijn er nog plaatsen waar we het zelfbestuur als voorwerp van strijd kunnen nemen. De zorgsector, het onderwijs en ons voedsel zijn er drie van. Niet toevallig zijn het drie sectoren die in een patriarchale samenleving onzichtbaar zijn gemaakt…
De waanzinnige strijd om de zorg en al het werk dat met de bereiding van voedsel samengaat blijft vaak een onzichtbaar strijdtoneel. De chef-koks zijn vaak mannen, maar onze dagelijkse maaltijd wordt klaargemaakt door vrouwen, door goedkope arbeiders in fabrieksateliers of onderbetaald keukenpersoneel… En die opereren ver van de camera’s, de glitter & glamour.
Er was eens : het platteland
Een stapje verder terug in de keten, bij de productie van dat voedsel… Ook daar is de situatie heel precair. Vaak zorgen boer.inn.en – hoogstens ondersteund door hun eigen gezinsleden of onderbetaalde werkkrachten- voor ons voedsel… Nadat de groenten, de melk, het vlees of het graan werden geproduceerd is zij.hij de speelbal van de markt en de spelers in de keten. En alle risico’s, alle investeringen, maar ook alle schuld voor de slechte oogsten, het niet omkunnen met moeilijke werkomstandigheden en de inzet pesticiden vallen op haar.zijn schouders. Wanneer het niet goed draait – die boerderij – is zij.hij gewoon een slechte zaakvoerder of in het slechtste geval lui… of chaotisch… of een vervuiler.
Dat er achter al dat falen structureel onrecht achter schuilgaat, daar wordt niet over gesproken. Dat de productie van goed voedsel traag is en dat agro-ecologische productiemethoden in een kapitalistische markteconomie gewoon niet kunnen concurreren met grootschalig georganiseerde landbouw, dat wordt niet vaak gezegd. Dat het familiale bedrijf van weleer onderuit wordt gehaald door consortia, multinationaal georganiseerde bedrijven en speculatie op gronden en landbouwproducten, dat blijft vaak onduidelijk.. Tot het te laat is.
Indien een agro-ecologisch bedrijf zich staande weet te houden is dat vaak door een combinatie van overuren, zeer competente zaakvoerders die over hun grenzen gaan én consumenten die de meerprijs kunnen betalen. Maar dat lost de structurele onrechtvaardigheid niet op. De overuren en het gegeven dat boer.inn.en vaak over hun grenzen gaan kunnen niet worden opgelost door het correcte gedrag van een fantastische groep consumenten indien die mensen louter consument blijven. Dat is een maatschappelijk onrecht en de individuele portefeuilles van mensen moeten én kunnen dat maatschappelijk onrecht niet te niet doen. Bovendien zijn er gezinnen waar mama’s of papa’s met kleine portefeuilles zich zorgen maken over het voedsel dat ze aan hun kinderen geven… Daar blijven de hongerige magen verstoken van voedsel waar ze wel recht op hebben… Gezond voedsel.
Een Sociale voedselzekerheid : theorie of praktijk?
Voor dergelijke uitdagingen werden er theoretische denkkaders uitgewerkt. Zo hoorden jullie misschien al spreken over de Sociale Voedselzekerheid – de SVZ… In dat concept zouden we op samenlevingsniveau een eerlijke markt uitwerken. Eerlijk voor de boer.in, maar ook eerlijk aangezien iedereen naar vermogen zou bijdragen aan de spaarkas waarmee vervolgens iedereen evenveel geld krijgt om gezond voedsel te kopen.
Wij hebben echter geen zin, maar ook geen tijd om te wachten op de SVZ… En wij hebben ook schrik dat een door de staat georganiseerde voedselzekerheid het militante karakter van een sociale beweging zou onderuit halen. Wij weten dat een dergelijk systeem geen toegang tot gezond voedsel zou opleveren voor mensen die geen geldige verblijfsdocumenten hebben, wij weten dat er geen extra voedsel zou gaan naar stakingspiketten of naar sociale centra die zich niet akkoord verklaren met de huizenmarkt, de liberale markteconomie of een oorlogseconomie die de sociale verworvenheden van de kaart veegt.
Wij zijn de boerinnen en boeren…
En wij hebben geen tijd. Wij zijn moe. Wij zijn de boerinnen en boeren die op de barricades klommen, die eten gaven aan mensen die honger hadden, die tot vervelens toe lezingen geven over het recht op voedsel en het recht om geen pesticiden te gebruiken… Wij zijn de boer.inn.en die hard maken dat we het recht hebben om onze akkervogels graag te zien en onze kudde’s koeien te verzorgen op een manier die onze bodem vruchtbaar maakt en de biodiversiteit vooruit helpt.
Wij – de boeren van dit collectief, een groep van 3 boerderijen in de buurt van Brussel – wij hebben honger… Honger naar sociale rechtvaardigheid. Ons voedsel is kostbaar, zo kostbaar dat ook de arme mens ervan moet eten. Zo kostbaar dat ze de armen rijker moet maken en sociale mobiliteit mag aanvullen met de strijd voor een rechtvaardigere samenleving.
1, 12, 100, 1000, … 1,2 miljoen.
De som is supermoeilijk, maar doodeenvoudig. Indien we in 1 jaar van 12 maanden elke maand 100 Euro betalen met een groep van 1.000 mensen hebben we 1.200.000 Euro per jaar. Daarmee hebben we de huidige jaaromzet van elk van onze boerderijen voor dat jaar gedekt en hebben jullie massa’s eten. Lees : massa’s eten.
Er zullen te weinig eieren zijn en niet voldoende kippenvlees, want de tarwe en de mais zullen we vermalen tot bloem of meel, maar voor de rest zal er zuivel zijn en vlees. Groenten en aardappelen. Fruit en kruiden.
Er zal van de producten die we produceren waarschijnlijk meer zijn dan wat die 1.000 mensen op kunnen. En aangezien een flink deel van de progressieve stedelingen (deels) vegetariër of veganist is zal ook van het vlees en de zuivel mogelijks wat over zijn om te herverdelen. Ineens wordt een individuele voedselkeuze een maatschappelijke daad.
Eens we dit spel kunnen spelen kan er veel. Er kunnen extra deelnemers bijkomen en dus kan dit systeem ook groeien. Extra boer.inn.en kunnen zich aansluiten, extra stukken grond verworven. Mensen kunnen meer betalen dan hun 100 Euro en zo andere mensen op een volledig voedselaanbod trakteren. Organisaties kunnen betalen voor hun deelnemers. Er kan worden nagedacht over nieuwe teelten of het inrichten van extra producties voor zaken die fel gegeerd zijn, maar er kan ook uitleg worden gegeven over de grenzen aan de groei.
Beslissingen nemen van onderop – een ander politiek systeem
Jaarlijks organiseren we een assemblee waarop de werking van het voorbije jaar wordt geanalyseerd. Voorafgaand aan dit assemblee wordt er op elk depot een evaluatie gemaakt van hoe alles werd beleefd. Hoeveel mensen konden niet betalen en hoeveel mensen betaalden meer? Welke producten hadden er echt bij moeten zijn en wat was er te veel? Verliep de bedeling correct en was die goed gestructureerd of was het soms te lang wachten. Was het chaotisch of kreeg iedereen waar die recht op had?
Bottom-up wordt er op die manier naar het assemblee toegewerkt en op het assemblee horen de ploegen van de verschillende boerderijen wat ze voor volgend teeltseizoen anders kunnen of moeten doen. Bovendien geven de boer.inn.en dan aan waarom het soms niet anders kan… Er zijn grenzen aan de planeet, dus zijn er ook grenzen aan ons teeltareaal en er zijn grenzen aan ons kunnen, aan onze tijd… Maar het is voor jullie waarschijnlijk aangenaam om die grenzen te voelen en te horen. Misschien vinden we samen wel een oplossing voor sommige beperkingen die de boer.inn.en zelf ervaren
Waarom?
Waarom willen we dit? Waarom zetten wij als boer.inn.en deze stap? En waarom zouden jullie deze stap zelf zetten?
Autonomie, voedselzekerheid, het veroveren van de productiemiddelen, maar vooral… Omdat wij nog steeds geloven dat een andere wereld mogelijk is. Dat een andere wereld moet worden voorbereidt vóór de zeespiegel stijgt. Voor Europa implodeert onder de oorlogen aan haar grenzen. Voor de nieuwe humanitaire ramp door Westerse óf andere legers wordt gecreëerd.
Omdat we geloven dat die andere wereld gisteren reeds begon… Of 15 jaar geleden toen ik besloot boer te worden, 30 jaar geleden toen één van ons besloot de boerderij van haar tante over te nemen als inwonende tiener, een generatie geleden toen onze ouders besloten niet mee te groeien met de rest… Of 7 jaar geleden toen één van onze huidige vaste boeren als Palestijnse vluchteling aanklopte bij onze boerderij om seizoensarbeid te doen, 9 jaar geleden toen ik begeesterd geraakte door de politieke aspiraties van Rojava, 5 jaar geleden toen de Zapatisten verschillende van onze boerderijen bezochten.
Wij zijn aan zet
Nu is het aan ons, wij de boer.inn.en en jullie daar in die rebelse stad. Op dit moment in de geschiedenis is het aan dat oude, vermoeide continent Europa om te beseffen dat we ons neokoloniaal verleden enkel van ons af kunnen schudden als we stilletjes leren van autonome gemeenschappen elders. Dat we enkel vooruit kunnen als we terug opbouwen wat we verloren de voorbije decennia – hechte gemeenschappen waar voedsel misschien wel het hoogste goed is. Een cultuur waar de landbouw terug een maatstaf wordt, een kleurenpallet is, een centraal onderdeel wordt van de gemeenschap die we willen verdedigen… Met hart en ziel. Met bloed, zweet en tranen. Voor de grond – Por el suelo.
Nu is het aan ons. Met oorlog en verzengende grenscontroles aan onze grenzen moeten wij van binnenuit doen waar we al zo lang van dromen : de opbouw van een egalitaire samenleving geen andere werelddelen uitbuit, maar onze eigen wereld versterkt. Samen met een dwarsdoorsnede van de mensen die in jullie stad, Brussel, wonen moeten we uitbreken. Jullie moeten jullie stedelijke context en jullie klasse opdeling van kant durven schuiven en de uitgestoken hand van ons – die boer.inn.en – aanvaarden.
Laat ons onszelf overtreffen
1 jaar
12 maanden
100 euro’s
1000 mensen
Massa’s voedsel en het begin van zelfbestuur.
Kom naar één van de assemblees. Vanaf 2026 beginnen we met de inschrijvingen voor een eerste jaar van zelfbestuur… Als alles goed gaat beginnen we in 2027 met de productie van ons voedsel voor onze wijken.
Voir en ligne : [nl/fr] Ons voedsel, onze strijd, zelfbestuur///Notre alimentation, notre combat… Autogestion. Réflexions paysannes .
